Rocroi,
      mémoire de pierres













Quelques exemples de l'œuvre de Chéri Hérouard :

 

Lys.GIF (1381 octets)Chéri HEROUARDLys.GIF (1381 octets)
(suite)


 

 

Au cours de ces 45 ans, Hérouard a bien collaboré à quelques autres journaux, tels que « Le Sourire, Fantasio, La Baïonnette », mais c'est à peu près tout. Contrairement à la plupart de ses confrères qui se sont répandus dans des publications multiples, il a dédaigné d'aller frapper aux portes, ayant pris pour règle le conseil d'Anatole France : « Soyez consciencieux ! »

Lorsqu'on examine, en effet, les dessins d'Hérouard, on se rend compte de la somme de recherches qu'ils représentent. Sous un dehors frivole, ces dessins témoignent d'une documentation aussi rigoureuse que pour la composition des tableaux. L'artiste a étudié le costume et ses accessoires depuis les temps antiques jusqu'à nos jours. Il a suivi par le menu les changements de la mode, de plus en plus précipités avec la marche du temps. De telles connaissances le vouaient à stabiliser ses connaissances dans le domaine de l'illustration. C'est d'ailleurs au moment où il entrait à « La Vie Parisienne » qu'il commençait à illustrer pour l’Édition Moderne – Librairie Ambert, dont il fut le principal illustrateur. En effet, sur 47 volumes parus, il en a illustrés 19, soit près de la moitié ! Lorsqu’on sait que chaque volume ne contient pas moins de 50 dessins (in-texte, hors-texte, culs-de-lampe et couverture), on a un aperçu de la puissance de travail et de la rapidité d’exécution d’Hérouard, sans perdre de vue qu’il publiait parallèlement dans plusieurs magazines. De 1908 à 1915, il a fourni à cet éditeur dans les 800 dessins pour les Contes de Boccace, les Chroniques de 1'Œil de Bœuf, Manon Lescaut, les Confessions d'un enfant du siècle, etc. Une telle production, sans que jamais la qualité du dessin ne s’en ressente, est proprement hallucinante. Parmi les séries des Éditions Modernes citées précédemment, la plus connue est sans conteste celle des chroniques de 1'Œil de Bœuf, consacrée aux potins et dessous croustillants de l’Histoire de France ; Hérouard y fait revivre les frasques de la marquise de Pompadour, de la comtesse du Barry, de Mademoiselle de la Valière, de Madame de Montespan, etc. Toujours chez le même éditeur, il a illustré également de nombreux ouvrages plus ou moins dans le même genre : ceux par exemple de François de Nion, « Les Derniers Trianons », « Histoires risquées des dames de Moncontour », « Bellefleur »… mais aussi « Mon oncle Benjamin » de Claude Tillier, « Manon Lescaut » de l’abbé Prévost, « Jeunes filles d’autrefois » d’Ernest Daudet, « Cornes pour cornes », « Grisélidis », « La fiancée du Roi » et « Le jardin enchanté », extraits des Contes de Boccace.

En 1919, on assiste à ses tentatives de dégagement d'un canon certainement fastidieux avec ses 63 compositions pour un Villon destiné à Crès. Le texte de l'ouvrage en est « bellement écrit par Messire Raymond de Rigné » avec lequel il collaborera les années suivantes à l'illustration des œuvres de Christian le Télémite. En 1923, à nouveau sous la direction artistique de Raymond de Rigné, il signera les images, aussi étranges que médiévales, de deux albums en ombres chinoises pouvant être coloriées, éditées par la Renaissance Universelle : « La Romance du Troubadour » et « Rosalba et autres contes », de James Jaquet.

Enfin, il sera fait appel à ses pinceaux pour des textes plus importants. En 1932, Javal et Bourdeaux le prendront pour 1'Heptaméron des nouvelles de la reine de Navarre et, en 1946, les Editions Colbert le chargeront d'illustrer les Liaisons Dangereuses.

Le texte de l'Heptaméron, établi par Henri Clouzot, fut préfacé par Maurice Donnay. Hérouard peignit pour ses quatre tomes 64 aquarelles qui furent remarquablement reproduites en fac-similé.

Hérouard est avant tout un merveilleux technicien du dessin à la plume. La grande majorité de ses œuvres relève de ce difficile procédé, qu’il manie avec une sûreté et une pureté de trait tout à fait remarquables : un tracé unique, fin et précis, détermine les courbes délicates d’un corps souvent dénudé ; l’ombrage en hachures est réservé aux matières plus rudes des objets et des décors sans que, pour autant, ce nu soit sans relief.

Si vous avez des renseignements biographiques ou des oeuvres d'Hérouard à me proposer ou à me faire connaître, vous pouvez me contacter à l'adresse suivante : p.genaux@wanadoo.fr