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Chéri
Hérouard à 3 ans
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Chéri-Louis-Marie-Aimé
Haumé naquit, à Rocroi le 6 janvier 1881. Son grand-père Haumé, dit
Cochard, fut imprimeur au dit Rocroi, puis vérificateur. Son oncle
imprima Le Narrateur. Son père,
employé dans l'Enregistrement, périt dans un accident de chasse, peu
avant sa naissance. Sa mère se remaria avec un Hérouard, qui était un
descendant direct du médecin de Louis XIII, et dont il prit le nom. Cet
Hérouard était fournisseur des Armées. En 1884, il quitta, avec les
siens, Rocroi pour Pontivy. C'est là, jusqu'à l'âge de 12 ans, que le
garçonnet fit ses classes, mais en ne frayant guère avec ses camarades
qui, au sortir de l'école, ne parlaient entre eux qu'en breton.
Nouveau
changement de résidence. La famille va habiter Meaux. Le jeune étudiant
y fit ses humanités et obtint son baccalauréat à l'âge de seize ans
et demi. Il eut « l'honneur » d'utiliser les pupitres tailladés,
maculés et crasseux sur lesquels s'était penché, tant d'heures, une
vingtaine d'années plus tôt, le jeune Moinaux, alias Georges
Courteline. Autre coïncidence courtelinesque : il eut pour
condisciple Charles Roussel, le futur illustrateur de Boubouroche
et des Linottes.
C’est
d’ailleurs à Meaux que Chéri Hérouard épousa le 17 août 1903
Blanche Henriette Tabillon.
Ses
parents auraient voulu le faire entrer à Saint-Cyr, mais il ne rêvait
que crayons et pinceaux. Un jour qu'il était allé avec son carton chez
Calmann-Lévy, dans l'espoir d'une commande, Anatole France entra,
regarda ses dessins et lui dit : « Je crois que vous pouvez continuer,
mais surtout, soyez consciencieux ! » Puis, devant sa jeunesse et son
abondante chevelure, il ajouta : « Comment peut-on avoir 21
ans ? »
Les
premiers dessins d'Hérouard parurent en 1902 dans « le Journal de la
Jeunesse » ; d'autres suivirent dans « Mon Journal ».Dans
ces journaux pour enfants, il anime avec verve des personnages souvent féeriques :
lutins, bonnes fées, sorcières, ogres et dragons. Certains de ses
travaux, par leur forme, font aussi de lui un des pionniers de la bande
dessinée. Il est à noter qu’Hérouard, dès ses débuts, possède
magnifiquement son art. En effet, nulle différence technique ou presque
n’apparaît entre ses premières et ses dernières illustrations ;
la chose est rarissime… Mais, somme toute, pourquoi son style
aurait-il changé, puisqu’à l’aurore de sa carrière il frisait déjà
la perfection ?
De
1904 à 1905, Charles Saglio, alors secrétaire du « Petit Journal »,
s'attacha Hérouard comme collaborateur pour le « Petit Journal de
la Jeunesse », puis, ayant racheté « la Vie Parisienne »,
voulut l'y entraîner. Hérouard résistait. Il se considérait comme
inapte à marcher sur les brisées des Bac, des Sahib, des Vallet, des Touraine et des Gosé. Enfin, Saglio insistant, il
se risqua à satisfaire un public qui n'était plus précisément celui
des écoliers. Son premier dessin dans « La Vie Parisienne » est du 9
novembre 1907. Il devait rester attaché à la maison jusqu'en 1952 ! Si
vous avez des renseignements biographiques ou des oeuvres d'Hérouard à
me proposer ou à me faire connaître, vous pouvez me contacter à
l'adresse suivante : p.genaux@wanadoo.fr |